Cinquante ans de pratiques culturelles en France
Cinquante ans de pratiques culturelles en France

L’étude « Cinquante ans de pratiques culturelles en France », coordonnée par le statisticien Philippe Lombardo et le sociologue Loup Wolff, a été publiée par le Ministère de la Culture le 10 juillet 2020.

Très attendue car la dernière datait de 2008, cette sixième enquête depuis les années 1970 est ambitieuse (9200 personnes interrogées en 2018). Elle permet de dresser le bilan de cinquante ans de pratiques culturelles en France métropolitaine. Six grandes tendances émergent :

  • Sur la période, la part de la culture dans le quotidien des Français⋅e⋅s n’a cessé de croître, avec une diversification des pratiques. La télévision et la radio, si elles se maintiennent, sont concurrencées par les outils et plateformes numériques, surtout chez les moins de 35 ans.
  • Justement, les pratiques culturelles numériques ont connu une explosion ces dix dernières années, surtout les jeux vidéo. Il me semble dommage que les auteurs ne mettent pas en perspective leurs observations avec l’évolution des technologies numériques (notamment la fibre en fixe et la 4G en mobile), ainsi que celle des plateformes (la plupart des plateformes apparaissent entre la fin des années 2000 et le début des années 2010).
  • Les Français⋅e⋅s fréquentent les lieux culturels avec assiduité et, sur la période, c’est notamment le développement de cette pratique chez les plus de 40 ans qui explique sa large diffusion. Mais les 25-39 ans s’illustrent par leur manque d’intérêt pour le spectacle vivant.
  • Corollaire de l’explosion des pratiques numériques, les pratiques culturelles s’homogénéisent sur le territoire, avec une réduction des écarts. En revanche, la fréquentation des lieux patrimoniaux reste l’apanage des plus diplômé⋅e⋅s (je ne vous ferai pas l’insulte de vous suggérer de relire Bourdieu)
  • La centralité du numérique caractérise les pratiques culturelles des générations les plus récentes : les plus jeunes délaissent la TV et la radio au profit des réseaux sociaux numériques pour s’informer. Ce qui ne les empêchent pas de continuer à fréquenter des lieux culturels.
  • Les personnes nées entre 1945 et 1954 structurent le paysage français par l’intensité de leurs pratiques culturelles. Elles sont plus engagées que les générations d’avant et d’après, laissant craindre un effondrement de certaines pratiques, compte-tenu de leur vieillissement.

L’enquête complète est disponible sur le site du Ministère. En complément, je vous suggère de consulter également la dernière édition du baromètre du numérique de l’Arcep (chiffres au 30 juin 2019).

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