Archives du mot-clé musée

Restauration d'un carton de tapisserie de la Renaissance, musée de la Ville de Bruxelles, mars 2016

Trois autres musées à Bruxelles

Après un premier article consacré au Musée du Cinquantenaire, voici le deuxième article consacré à ma visite de Bruxelles en mars 2016. J’y présente un aperçu rapide de trois institutions : le musée de la Ville de Bruxelles, le musée des instruments de musique et BOZAR.

Le musée de la Ville de Bruxelles

Situé sur la très touristique Grand-Place, le musée de la Ville de Bruxelles présente des collections beaux-arts éclectiques, datant du Moyen-Âge à l’époque contemporaine. Le bâtiment est intéressant, c’est une sorte de château/manoir sur trois étages. Côté pratiques des publics et équipements numériques, la photographie est autorisée sans flash, un audioguide classique par saisie d’une suite de chiffres est proposé (je ne l’ai pas pris) mais il n’y a pas de réseau wifi.

Côté médiation, la gestion des langues est astucieuse : les cartels et textes de salles sont proposés en français et en néerlandais, mais des fiches de salles en anglais et en allemand sont aussi disponibles. Des dispositifs interactifs et ludiques permettent l’appropriation, à travers la découverte de l’histoire de Bruxelles et de la Belgique. Choix intéressant dans les sections traitant de l’urbanisme et de la ville : plusieurs pièces sont considérées comme des documents avant d’être des œuvres d’art. Leurs cartels indiquent d’abord ce qu’elles représentent dans le contexte de l’époque et/ou dans le propos de la salle, avant d’indiquer, dans une police de caractères plus petite, l’artiste, le titre et les informations techniques.

Le dernier étage est quasiment exclusivement consacrée à la restauration d’un carton de tapisserie de la Renaissance (XVI°s). On peut observer en direct le travail des restauratrices, à travers une paroi vitrée et même entrer dans l’atelier, en petits groupes. Plusieurs dispositifs à manipuler permettent d’explorer l’univers de ce carton, son rôle dans la réalisation d’une tapisserie, etc. Ces installations sont ludiques et engageantes pour les visiteur.se.s, à travers des outils simples mais efficaces, à l’image du puzzle aimanté illustré ci-dessus.

Le musée des instruments de musique (mim)

Le musée des instruments de musique se visite avec un audioguide inclus dans le prix d’entrée, bien fait, simple à utiliser, qui fonctionne par saisie d’une suite de chiffre, généralement indiquée au sol devant les vitrines. En revanche, aucun autre dispositif numérique une fois entré dans le parcours, qui propose des dispositifs scripto-visuels classiques : panneaux associant textes, photos et parfois schéma. Comme je suis arrivé moins d’une heure avant la fermeture du musée, on m’a suggéré de commencer par le 4ème étage pour suivre la fermeture progressive des salles. J’ai livetweeté ma visite et le compte du musée a aimé quelques-uns de mes tweets.

À lire aussi, l’article de Culturez-vous : Visite musicale dans le MIM, le Musée des Instruments de Musique, à Bruxelles

BOZAR

Gigantesque bâtiment, avec un dédale de salles et un grand auditorium, BOZAR est une sorte de mélange entre le Palais de Tokyo et le Grand Palais parisiens. Lors de ma visite, on pouvait y voir des expositions sur un prix de design industriel, le peintre Rembrandt, le designer Van Doesburg et le plasticien Daniel Buren.

À l’entrée, les visiteur.se.s sont invité.e.s à faire part de leur visite sur les réseaux socionumériques, notamment en utilisant le wifi qui leur est proposé. Malheureusement, la photographie est interdite, même sans flash, dans les expositions. Malgré de nombreuses mentions et l’usage du hashtag suggéré, je n’ai eu aucune interaction avec le compte Twitter de BOZAR.

Dans le prochain, j’évoquerai le Muséum d’Histoire naturel. Dans le dernier article de la série consacrée aux musées de Bruxelles, je reviendrai sur les dispositifs hors les murs du Musée royal de l’Afrique centrale, actuellement en travaux.

Musée du Cinquantenaire, Bruxelles, mars 2016.

Visite du Musée du Cinquantenaire à Bruxelles

Au début du mois de mars 2016, avant les attentats du 22, j’ai passé une semaine à Bruxelles, et j’en ai profité pour visiter quelques musées. Voici le premier article d’une petite série consacrée à ces visites.

Le Musée du Cinquantenaire tire son nom du cinquantenaire de l’indépendance de la Belgique, célébré en 1880. Il fait partie des Musées Royaux d’Art et d’Histoire, avec les musées d’Extrême-Orient, la Porte de Hal et le Musée des Instruments de musique, et se situe au cœur du Parc du Cinquantenaire, dans lequel se trouvent d’autres musées : Musée de l’Armée, de l’Aviation et de l’Automobile.

Le charme d’une architecture caractéristique du XIX°s

Ses collections traitent de thématiques larges, sur une longue période historique. On y voit la volonté propre au XIX°s de présenter un musée universel, comportant des galeries européennes consacrées à la Préhistoire, à l’Antiquité, au Moyen Âge et aux arts décoratifs. Mais les collections proposent également une importante section consacrée aux civilisations extra-occidentales, avec notamment plusieurs salles autour des Amériques et d’autres autour de l’Océanie, enrichies par une expédition scientifique à l’Île de Pâques en 1934. Les collections africaines, en grande partie héritées du passé colonial de la Belgique, bénéficient d’une institution distincte, le Musée Royal de l’Afrique Centrale actuellement fermé pour rénovation (mais j’y reviendrai dans un prochain article).

Le bâtiment est impressionnant, et fait de multiples galeries réparties sur de nombreux niveaux. Les salles sont spacieuses, pour la plupart hautes sous plafond et proposent un mélange éclectique d’architectures, notamment un ancien cloître, des escaliers monumentaux (l’idéal pour placer un mât de la Côte Nord-Ouest du Canada) et une grande salle qu’on dirait d’apparat, de part et d’autre de laquelle sont disposées les galeries consacrée aux beaux-arts. La Préhistoire et l’Antiquité sont situées dans les sous-sols, tandis que les collections extra-occidentales sont situées dans l’autre aile du bâtiment. À plusieurs occasions lors de ma visite, un jeudi, je me suis retrouvé seul dans les salles. Il semble que la majorité des visiteur.se.s venaient pour l’exposition temporaire consacrée aux sarcophages égyptiens antiques, mais j’ai vu également beaucoup de scolaires, principalement des ados, dont certains étrangers.

Des dispositifs de médiation pertinents

Une large place est accordée à la médiation culturelle, principalement dans les salles les plus récemment aménagées (Préhistoire et Antiquité). Un parcours de visite en 90 min est proposé, permettant de voir les pièces-phares des collections. On trouve aussi au Musée du Cinquantenaire un principe que je nommerais « médiation circulaire » : beaucoup de schémas, de cartes et de maquettes, dans lesquel.le.s un soin particulier a été apporté aux lien entre textes et objets. À plusieurs reprises, j’ai observé l’usage de numéros qui servent à la fois à identifier un artefact, objet ancien ou maquette moderne, mais aussi sa reproduction sur une image. Certaines maquettes de grande taille, manipulables, sont présentées, notamment une machine à tapisserie parfaitement fonctionnelle, sans doute utilisée lors de démonstrations ou d’ateliers. Des textes de qualité, faisant preuve de beaucoup de pédagogie et d’humilité, clairs, ni abscons ni érudits.

Côté numérique, aucune installation à proprement parler, pas d’audiovisuel non plus. Je n’ai pas identifié le compte Twitter avant la visite, alors qu’il en existe bien un. Malheureusement, aucune interaction même une fois le compte mentionné. Une note à ce propos : il semble que les résultats de recherche ne soient pas traités par Twitter de la même manière sur les terminaux mobiles qu’à partir d’un ordinateur fixe ou portable, c’est bien dommage quand on est en situation de mobilité.

Au final : un très bel établissement, à ne pas manquer lors d’une visite à Bruxelles, tant pour le lieu extraordinaire que pour la qualité de son propos adressé aux publics.

Une archéologie des premiers sites web de musées en France

Voici un article écrit avec Omer Pesquer, initialement paru dans le numéro 4 de la revue Nichons-nous dans l’internet à l’automne 2015, sous le titre « Les musées à la pointe des NTIC ».

En juillet 1995, quelques mois après l’arrivée des modems 28.8 Kbps en France, le site du musée du Louvre est inauguré. Contrairement au cliché qui les décrit comme systématiquement en retard sur les avancées technologiques, les institutions culturelles françaises s’emparent très rapidement de cet outil. Dans la seconde partie des années 1990, le Web connaît d’importantes améliorations techniques qui vont permettre son développement et sa diffusion auprès d’un public de plus en plus conséquent. L’évolution des sites web de musées va suivre et accompagner les débuts d’Internet à mesure que le HTML se complexifie, que la vitesse de chargement augmente et que le prix de connexion baisse.

Pourtant, l’adoption du Web au sein des institutions culturelles ne se fait pas sans heurt : à quel service doit-on confier ce nouvel outil ? Comment il doit être alimenté ? Ces questions se posent avec d’autant plus d’acuité que, dès ses premières années dans les musées, le Web, par essence transversal, relève tout autant de la communication institutionnelle que du service aux visiteurs et bientôt même, de la médiation culturelle.

À la pointe des NTIC

Avant l’arrivée du Web, les ordinateurs, présents dans les musées depuis le début des années 1980, sont parfois utilisés comme des bases de données locales. Ainsi en 1989, le Musée Dauphinois à Grenoble, installe des postes en accès libre à l’occasion de l’exposition « Quelle mémoire pour demain ? ». Les visiteurs peuvent y consulter une base de données iconographiques en relation avec l’expo. Outre les ordinateurs personnels, les Nouvelles technologies de l’information et la communication (NTIC) rassemblent de nombreux outils, qu’il s’agisse des bornes interactives, du vidéodisque ou encore du Minitel. Dans les années 1990 d’ailleurs, les musées se déploient sur la boîte marron – à l’époque fleuron de l’industrie française des télécoms – avec notamment 3615 Picasso ou 3615 Louvre. La base Joconde, catalogue collectif du patrimoine national, mis en place la Direction des musées de France en 1975, est accessible sur Minitel dès 1992, puis sur le Web à partir de 1995 (1). Déjà à l’époque, elle se veut plus qu’une simple base de photographies et donne accès à notices détaillées. Le nombre d’objets disposant d’une notice numérique ira croissant au fil des années jusqu’à l’exhaustivité.

Plus visuels que les bases de données consultables sur Minitel, plus puissants que les sites web de l’époque, les cédéroms donnent aux visiteurs un accès à des contenus éditorialisés, consultables sur leurs propres ordinateurs. C’est pour conquérir un public plus vaste que les musées se tournent vers ce support, si bien que « la France est le leader incontesté des producteurs de cédéroms de la Francophonie » (2). En 1994, le musée du Louvre se lance avec Montparnasse Multimedia (3) pour Le Louvre, peinture et palais. D’autres suivront, qu’ils soient généralistes comme le musée d’Orsay (1996), ou thématiques comme Arman, collectionneur d’Art (1996) et Angkor Cité royale (1997), deux coproductions de la RMN. En 2001, dans son ouvrage Le musée virtuel, le muséologue et philosophe Bernard Deloche s’engage : « Le CD-ROM n’a pas pour tâche de décrire le musée (…) mais de le remplacer. » La promesse est ambitieuse : il ne s’agit pas pour ces outils de paraphraser leur équivalent physique, mais véritablement d’en proposer une alternative. Certains, comme celui musée d’Orsay, proposent des photos panoramiques qui fondent les prémices du Google Art Project : « La technologie Quick Time VR pour vous permettre d’arpenter les salles du musée… comme si vous y étiez. » (4).

Il y a bientôt 20 ans qu’on peut visiter un musée dans un environnement 3D qui reconstitue le bâtiment, un usage qui s’imposera sous la forme des visites virtuelles, comme celle proposée par le Musée du Louvre en 2000.

Les premiers sites web de musée sont accueillis avec une certaine défiance par les agents des musées. Mais pourquoi devrait-on favoriser ce support plutôt qu’un autre. Cette interrogation est plus large et concerne l’ensemble du pays : avant 1997, le nombre de foyers français connectés à Internet reste inférieur à 100 000, contre 7,6 millions de terminaux permettant de consulter le Minitel ou autres services télématiques. En septembre 1997, le premier ministre Lionel Jospin réclame pourtant une « migration du Minitel vers Internet » (5). Paradoxalement, les musées sont donc à la fois à la pointe de l’adoption de ces outils mais en interne, les avis sont partagés sur l’usage du Web et ses applications potentielles. « Après tout, n’a-t-on pas déjà identifié la vraie nature de ces millions d’adeptes de la souris : on dit d’eux qu’ils sont des net-surfers, entendant par là que ce sont pas des gens qui vont au fond des choses… », conclut Paul Carpentier, alors directeur de l’accès aux collections et à l’information au Musée canadien des Civilisations, en octobre 1996 lors d’un colloque franco-québécois à Montréal (6).

Bienvenue dans le World Wide Web

En 1996, la page d’accueil du ministère de la culture est parfaitement symbolique des débuts du Web de la culture et du Web, tout court. Un menu clairement découpé dans un tableau, une animation en .gif du logo de l’institution (qui, à sa conception, n’a pas été pensé pour se mouvoir), un motif qui se répète à l’infini en image de fond, les liens cliquables en typo Times gras, bleue et soulignée, les badges des prix reçus. En ligne depuis 1er juillet 1994, le site du ministère est le point central du Web culturel français. Il héberge de nombreux autres sites dont ceux du Musée du Louvre, du Musée national des Arts et Traditions populaires (ancêtre du MuCEM) ou du Musée Goupil à Bordeaux. Il propose également un guide de l’Internet culturel permettant de trouver des ressources. Cybermusée ou musée cybernétique sont parfois utilisés pour décrire les extensions en ligne des institutions culturelles. Au milieu des années 1990, le site du Ministère intègre ainsi une cybergalerie, dont le but est de présenter des expositions uniquement visibles en ligne. Expérience qui tournera court, puisque l’espace ne proposera que deux expositions, dont l’une est une création multimédia de Jean-Michel Jarre s’appuyant sur des plug-ins spécifiques.

À la fin des années 1990, la bataille des navigateurs fait rage entre Internet Explorer et Netscape, et nombreux sont les sites web à suggérer l’un ou l’autre de ces acteurs à leurs visiteurs. Les liens URL permettant de télécharger les deux navigateurs sont intégrés. Au-delà de choix purement technologique, l’expérience proposés au visiteur est déjà centrale. En avril 1998, les actes du colloque « Dispositifs et médiation des savoirs » indiquent : « Ce qui est en train de se jouer, c’est le passage d’une conception de la connaissance comme contenus à une autre, qui la voit comme l’expérience faite d’environnements aménagés, de dispositifs. » (7). En ligne, l’expérience souhaitée est toutefois encore fortement contrainte par l’avancement des technologies et par leur démocratisation. Limiter le temps de chargement est ainsi un enjeu primordial, car le temps de connexion est précieux. C’est pourquoi les sites se doivent d’être efficaces et légers. Souvent, le graphisme et l’ergonomie s’en ressentent, mais certains sites s’en sortent très honnêtement, comme le site du musée Rodin en 1996, par exemple.

Aujourd’hui, en terme de visites, le Web prend le pas sur les visites in situ dans certaines grandes institutions à la portée internationale, comme le Metropolitan Museum de New York ou le British Museum de Londres. Compter les visiteurs a toujours été une mission des musées, et Internet n’y échappe pas. Les sites de musées ne font pas exception et présentent les compteurs de visite traditionnels du Web vernaculaire des années 1990, comme pouvaient le voir en 1996 les visiteurs du site du Carré d’Art de Nîmes.

Le casse-tête de l’organigramme

À ses débuts, le Web dans les musées est une affaire technique avant tout. Lorsque les musées commencent à s’intéresser à Internet et envisagent d’avoir leurs propres sites, c’est souvent un technicien du service informatique s’en charge. Lorsque la question du contenu éditorial émerge, ils se tournent ensuite vers les métiers de la communication, de la production voire des publics. Mais à l’époque, Internet est encore majoritairement utilisé par ceux qui le conçoivent : des ingénieurs et des chercheurs, familiers avec l’informatique et le jargon technique, qu’ils n’hésitent pas à réutiliser. La page d’accueil du musée du Louvre en 1997 parle ainsi de « serveur », et celui du Muséum national d’Histoire naturelle précise même « serveur WWW ».

La plupart des musées, relevant directement du ministère de la culture ou de collectivités territoriales, restent largement tributaires de leur tutelle pour l’accès aux réseaux, la maintenance et l’entretien des équipements, ce qui ne facilite pas toujours la souplesse. Seuls les grands établissements publics, comme Versailles ou le Centre Pompidou, sont autonomes quant à leurs installations hardware comme software, compte-tenu de leur statut juridique. En revanche, depuis à l’arrivée des CMS (Content management system), même les plus petites structures sont autonomes sur l’administration de leurs contenus éditoriaux.

Et les visiteurs dans tout cela ?

Dès leurs débuts, les sites de musées ont plusieurs fonctions : vitrine institutionnelle des établissements, ils sont aussi des outils d’information et ouvrent sur la médiation culturelle. En 1997, le ministère de la culture demande à chacun d’indiquer leur « nom dans la vie réelle » dans un formulaire donnant la parole aux visiteurs. Figure notable des musées, le Livre d’Or est aussi un incontournable du Web vernaculaire des années 1990. A la sortie d’une exposition, le cahier, souvent laissé proche de la sortie, permet aux visiteurs d’inscrire un avis, poser une question, exprimer un regret ou encore de dessiner un zizi. C’est donc naturel pour les institutions patrimoniales de reproduire cette habitude en ligne. La possibilité pour n’importe quel utilisateur de contacter un musée directement, rapidement et sans autre intermédiaire que la machine constitue déjà une évolution remarquable dans la relation entre les publics et l’institution, la rendant plus immédiate, plus proche. Aujourd’hui, elle trouve son prolongement dans la présence et la réactivité des musées sur les réseaux sociaux, face à des visiteurs qui ont intégré ces outils dans leurs pratiques numériques quotidiennes.

Mais recueillir un commentaire n’est possible qu’une fois la visite effectuée. Aussi, pour l’organiser, les sites deviennent également des supports de la diffusion d’informations pratiques. Un plan permettant de se repérer dans le vaste Hôtel des Invalides est par exemple disponible dès 1998 sur le site du Musée de l’Armée (8). En rendant l’exploration des collections ludique et plus vivante qu’une simple consultation de notices, les musées ouvrent la voie vers des dispositifs de médiation en ligne associant davantage les publics. Et l’utilisation ne s’est pas démentie, puisqu’en 2012, 35 % des Français déclarent avoir utilisé Internet pour la préparation d’une visite au musée (9), et ce chiffre risque fort de continuer à croître avec les usages mobiles.

Les musées n’ont pas attendu l’arrivée des géants du numérique pour proposer des dispositifs innovants qui complètent et prolongent la visite.

Accès à distance aux bases de données, livre d’or électronique ou visite virtuelle dans un univers en 3D existaient dès le milieu des années 1990. Globalement, tout est déjà là : le site web comme outil de communication institutionnelle et comme support de diffusion des informations pratiques, mais aussi les prémices d’une médiation culturelle participative à travers l’appropriation des bases de données. Ces vingt dernières années, les sites des musées se sont développés dans le prolongement de ces actions. Incontestablement, ce qui a changé, c’est l’amélioration technique en terme de chargement et de contenus, la généralisation de ces dispositifs à tous les budgets et le développement de la médiation sur le  Web, tels que parcours thématiques, expositions en ligne ou ressources à télécharger pour approfondir sa visite.

Alors que le numérique se diffuse dans tous les secteurs de la vie quotidienne et du travail, les musées ne cessent de changer. L’expérience montre que ce changement se fera selon deux temporalités : d’un côté, le temps de l’institution, lent, qui repose sur les évolutions dans les pratiques des agents de musées eux-mêmes et leur validation par les circuits hiérarchiques. De l’autre, le temps de l’audace et de la prise de risque qui, comme on l’a vu, ne manque pas dans les établissements patrimoniaux, véritables laboratoires d’innovations techniques et sociales. Restez connectés, les sites sont en construction…

Pour aller plus loin, découvrez une sélection de capture d’écran des sites de musées dans les années 1990 sur la page Facebook d’Omer Pesquer.

Captures d'écran des sites de musées dans les années 1990 sur la page Facebook d'Omer Pesquer

Captures d’écran des sites de musées dans les années 1990 sur la page Facebook d’Omer Pesquer

  1. Chronologie de la base Joconde sur le site du Ministère de la Culture et de la Communication.
  2. BAILLARGEON Stéphane, « Vers le cybermusée » , Le Devoir, 18 septembre 1999.
  3. Montparnasse Multimédia, une PME, réalisera de nombreuses productions pour la culture jusqu’à sa disparition en 2002. Le cédérom « Le Louvre, peinture et palais » restera son produit phare.
  4. DESALLE Philippe, « Le musée d’Orsay, visite virtuelle sur CD-ROM », Libération, 6 mars 1996.
  5. L’Usine Nouvelle, « Passer du Minitel à Internet, pas si facile ! », L’Usine Nouvelle, 4 septembre 1997
  6. Actes du colloque « La société et le musée, l’une change, l’autre aussi ». Montréal, Musée de Pointe-à-Callière, octobre 1996.
  7. VOL Alexandra, « Tisser des trames de pertinence entre musées, nouvelles technologies et publics », in : Publics et Musées. N°13, 1998. pp. 67-87.
  8. Pour la petite histoire, le Musée de l’Armée ne relève pas du Ministère de la Culture mais de celui de la Défense.
  9. Étude du CREDOC commandée par le Ministère de la Culture et de la Communication, juin 2012 (mise à jour en 2014).

 

Album Facebook Photoquai vu par les visiteurs

Construire une culture numérique et participative dans une institution patrimoniale

Jeudi 16 octobre 2014, la Ville de Bordeaux m’a invité à intervenir lors de la journée « Culture et numérique », dans le cadre de la Semaine digitale. Voici la trame de mon intervention, qui m’offre l’occasion de livrer quelques pistes de réflexion autour du musée participatif, en m’efforçant de montrer comment construire une culture numérique et participative au sein du musée. Il manque quelques éléments qui rebondissaient sur les interventions précédentes, notamment en réponse à mon confrère Samuel Bausson autour des cultures du web et de leur adoption par les musées. Pour plus d’informations, consultez le livetweet avec les deux hashtags #SDBX4 et #culturnumbx14.

Qu’est-ce la participation ? À quel moment commence la participation du visiteur ? Que veut dire « prendre part à » ? Si on s’en tient à la définition la plus stricte, le musée produit un dispositif de visite, qu’il soit temporaire ou permanent, dans lequel le visiteur prend pleinement part en jouant son rôle de visiteur. Il vient visiter, c’est-à-dire voir et être en présence de ce qui lui est proposé par les conservateurs du musée ou les commissaires de l’exposition.

Mais comme on dit : ça, c’était avant. Avant que l’ensemble des outils en ligne apparus au début des années 2000 ne lui permettent de produire, à son tour, un discours sur ce qu’il lui est proposé de visiter. Alors bien sûr, la participation n’a pas commencé en 2007 quand Facebook s’est ouvert à tous ou en 2008, quand Apple a sorti l’iPhone et son système d’applications reposant sur l’iTunes Store. Néanmoins, ces outils ont amorcés une changement de fond dans la relation qui unit le musée et ses publics. Comme nous le savons à présent, la présence des institutions culturelles et patrimoniales sur les réseaux sociaux constitue une première étape dans la mise en place d’une dispositif participatif en ligne, à travers le recueil de la parole des visiteurs et le crédit qui y est accordé. Et forcément, tout cela change aussi la manière dont le musée est organisé, les interactions qui naissent entre les agents de services et de directions différentes, voire d’autres institutions, ainsi que les modes de prise de décision.

Pour amener les visiteurs à participer…

Au musée du quai Branly, lorsque les visiteurs nous posent des questions sur Twitter, que ce soit à l’occasion de l’opération #AskACurator il y a quelques semaines ou lors de la #MuseumWeek au printemps dernier, nous sommes déjà dans une dimension participative. Comme je l’ai déjà évoqué, nous considérons les RSN comme étant à la croisée des trois disciplines que sont la communication, l’information et la médiation. Voici quelques exemples qui n’illustrent pas directement ces trois axes, mais mettent en avant la participation.

À l’automne 2013, à l’occasion de Photoquai, la biennale de photographie internationale que nous organisons en face du musée, nous avons mis en place un album collaboratif sur la page Facebook de l’événement, permettant aux visiteurs de partager leur regard sur la biennale. Ils et elles ont ainsi participé à la médiation entourant la biennale en apportant leur propre regard sur l’exposition, nécessairement non institutionnel, attirant notre attention sur les œuvres favorites, des éléments insolites ou poétiques de l’exposition.

Au printemps 2012, lors des Vacances numériques, nous avons recueilli la parole des visiteurs à propos de Berenson, un robot anthropomorphe, sujet d’un projet de recherche en anthropologie, qui s’interroge sur la notion de goût esthétique. Les publics étaient invités à partager avec le robot leurs avis sur des pièces exposées. L’année suivante, nous avons organisé un edit-a-thon en partenariat avec Wikipédia : conservateurs, wikipédiens chevronnés et visiteurs de passage se sont penchés sur plusieurs pages relatives aux thématiques traitées par le musée, pour les améliorer ensemble.

Comme on le voit dans ces exemples, la participation n’est pas uniquement numérique : aujourd’hui, elle est souvent à mi-chemin entre en ligne et hors ligne, et passe joyeusement d’un support à l’autre. Par exemple, les actions de médiation portées par la Direction des publics trouvent un prolongement avec la mise en ligne, sur le site ou sur la page Facebook du musée des photos, des dessins ou encore des poèmes produits par nos visiteurs pendant les ateliers en famille – le tout, avec leur accord. En outre, on constate également que numérique et participatif sont intimement liés, même s’ils ne sont pas indissociables. Or, une culture numérique ne peut pas se développer sans d’autres couches de pratiques et d’engagements, notamment de la part de ceux qui « font » le musée. Alors, permettez-moi de revenir quelque peu en arrière.

Il faut commencer par l’interne…

Lorsque je suis arrivé au musée il a 2 ans et demi, il n’y avait pas de stratégie numérique globale. La dimension numérique était abordée à plusieurs niveaux, dans plusieurs services eux-mêmes répartis dans plusieurs directions. Mon embauche a été l’occasion pour l’institution d’amorcer une réflexion sur le numérique, et sur le positionnement que le musée devait apporter sur les questions qu’il suppose.

Progressivement et en parallèle à l’ensemble des dispositifs que je viens de lister, je me suis efforcé d’apporter une culture numérique dans l’établissement. D’abord en me rendant aussi disponible que possible pour répondre aux questions que les agents se posent sur le numérique, quelque soit leur niveau dans la hiérarchie. Puis par la mise en place d’une veille mensuelle, un cours bulletin contenant une sélection d’initiatives récentes, que j’envoie à l’ensemble des agents. Enfin, en diffusant autant que possible les informations relatives à l’actualité des rencontres autour du numérique. Créer une culture numérique et participative nécessite de commencer par les collègues les plus proches, pour les sensibiliser à ces enjeux, avant de pouvoir s’étendre aux visiteurs.

Je ne crois pas avoir révolutionné les pratiques à l’interne, mais je m’efforce d’apporter de la cohérence dans l’offre du musée, notamment en facilitant les échanges entre mes collègues. Nous savons tous combien il est parfois difficile d’aller au-delà du cloisonnement entre directions, hors ce cloisonnement va à l’encontre des pratiques numériques, par définition éclatées, décentralisées et moins hiérarchisées. Aujourd’hui, le numérique est abordé dans au moins cinq des sept directions que compte le musée, la question dépasse donc bien sûr mon seul service. Nombreux sont mes collègues à intervenir sur des projets variés que sont le site internet, les réseaux sociaux, les applications mobiles, la signalétique dynamique, les productions audiovisuelles et multimédia.

Justement, parmi les agents plus impliqués en ligne aujourd’hui, nombreux sont ceux qui travaillaient déjà au musée à mon arrivée – certains depuis plusieurs années – et dont la créativité ne demandait qu’à être libérée à travers des outils ou des occasions dédiées (voir notamment les photos et Vine de @jbrkmr). C’est cette dynamique que je m’applique à stimuler, et que nous nous efforçons d’entretenir à travers le comité éditorial, que je coordonne et qui préside aux contenus mis en ligne sur le site internet et les réseaux sociaux.

En s’appuyant sur sa communauté !

Ce qui a changé aussi ces dernières années, c’est que nos missions passent immanquablement par des communautés de professionnels, utilisateurs quotidiens des réseaux sociaux, et qui construisent ensemble de nouvelles expériences de communication et de médiation au musée.

Parmi les nombreuses initiatives nées de la communauté des #museogeeks, figure Muzeonum, la plateforme des professionnels du numérique au musée que je participe à animer. Son objectif est de faciliter le partage de bonnes pratiques, l’accès à la formation et à l’emploi. Ses membres sont des agents d’institutions patrimoniales et culturelles, des professionnels extérieurs (consultants en agence ou indépendants), des chercheurs, des étudiants ou des passionnés. Nous avons développé de nombreux outils parmi lesquels un wiki et un groupe Facebook, qui viennent compléter les outils de veille tels que Twitter. Nous sommes actuellement en train de créer une association, dont le statut administratif nous permettra de développer de nouveaux projets. Compte-tenu de mon implication auprès de Muzeonum, j’incite bien sûr régulièrement mes collègues à participer aux événements de la communautés.

Vers une stratégie numérique globale qui associe les publics

Aujourd’hui au musée du quai Branly, le projet qui nous occupe est la refonte du site web, dont le dévoilement au public est prévu pour le printemps 2015. C’est un projet ambitieux, qui nous amènera à revoir intégralement l’architecture du site actuel, et bien sûr l’interface. La prochaine version sera en responsive web design, un ensemble de règles et de langages qui repose sur les standards du web et qui permet la consultation d’un contenu identique sur tous les supports, qu’ils soient mobiles ou non. Ce site fera la part belle aux bases de données des collections, tout en n’oubliant pas les informations pratiques. Nous espérons que cette nouvelle mise en forme permettra une plus grande appropriation des collections par les visiteurs, favorisant leur participation et leur collaboration dans la construction du propos qui entoure le musée.

Bien sûr, le participatif n’est pas une fin en soit. L’injonction à participer ne doit pas devenir le nouveau ticket d’entrée au musée, favorisant les plus créatifs et les moins timides au détriment des visiteurs pour lesquels la visite physique suffit à définir leur relation au musée. Mais les outils qui permettent aux visiteurs de s’exprimer participent à reconfigurer les liens qui unissent les institutions et leurs publics, à travers une place plus grande accordée à leur parole. Une meilleure prise en compte des retours dont les visiteurs nous font part permet de les associer dans leur diversité, en tenant compte de leurs pratiques culturelles et numériques. Comme mes confrères et mes consœurs d’autres établissements vous en parleront cet après-midi, nous voyons l’usage de Twitter grandir chez les jeunes, tandis que Facebook reste une référence pour les familles, et que de nombreux autres plateformes naissent et se développent, générant de nouveaux usages.

Si le community management est un métier naissant, qui se construit au quotidien, il repose sur les missions premières du musée : la conservation, la valorisation et la diffusion au plus grand nombre des collections nationales. Or, le numérique et les cultures qui en découlent ne s’opposent en rien à ces missions, mais constitue un formidable outil pour les remplir. Si nous souhaitons innover durablement, nous ne nous pouvons plus nous dispenser d’une politique numérique structurée, qui passe notamment par une présence affirmée sur les réseaux sociaux, devenus de véritables vecteurs de notre mission de service public.

Colloque-événement Participa(c)tion au MAC/VAL.

Avec et sans peinture : retour sur un atelier participatif au MAC/VAL

Avec et sans peinture au MAC/VAL

Avec et sans peinture au MAC/VAL

Il y a quelques jours se tenait le colloque-événement Participa(c)tion au MAC/VAL, qui m’a invité à proposer un atelier. En collaboration avec les équipes du service des publics, nous avons conçu « Avec et sans peinture », un atelier en ligne et hors ligne, invitant les visiteurs à participer à la création des contenus autour des œuvres du Parcours #6, le prochain accrochage du musée, qui sera consacré à la peinture et débutera en janvier 2014. Après une première phase sur la page Facebook du musée en novembre 2013, je vous propose de revenir en quelques mots sur l’atelier qui s’est tenu le dimanche 8 décembre.

Participez en trois étapes faciles !

À leur arrivée au salon, les visiteurs étaient accueillis par trois médiateurs du MAC/VAL, Alice Martel et moi-même. Il leur était proposé de choisir une œuvre issue des collections, représentée sur une fiche papier plastifiée, parmi deux groupes : des œuvres exposées actuellement et d’autres, déjà montrées pour certaines, qui rejoindront le Parcours #6. Ensuite, les visiteurs devaient tirer au sort un défi, dans une liste de 16 défis aussi variés que : « Vous êtes l’artiste, présentez-nous votre travail », « Décrivez l’œuvre à quelqu’un qui n’est pas là », « Retrouvez l’œuvre dans les salles et prenez-vous en photo avec » ou encore « Dessinez l’œuvre d’un seul trait ». Enfin, les visiteurs avaient le choix entre quatre principaux modes d’expression : le support papier pour l’écrit et le dessin, une cabine vidéomaton, un point d’enregistrement audio et un poste connecté à la page Facebook de l’événement.

Quels retours ?

Au total, je pense que nous avons eu une bonne cinquantaine de participations de toute sorte [MÀJ du 12/12/13 : 61 participations exactement], avec un public plutôt familial. J’ai été aussi étonné que ravi de voir l’enthousiasme des visiteurs, dont la plupart se sont prêtés au jeu avec bonheur. L’énergie d’un jeune visiteur, à peine âgé de 10 ans, qui a insisté pour accomplir le maximum de défis avec deux œuvres qu’il avait choisies, m’a vraiment impressionné — son père a du insister plusieurs fois avant qu’il ne consente à renoncer à compléter sa quête au moment où l’atelier se terminait.

Si la localisation de l’atelier, dans le salon du MAC/VAL où sont placées les machines à café, a été un facteur intéressant pour « attraper » des visiteurs au vol, sa tenue en parallèle aux conférences publiques et aux performances a peut-être réduit la fréquentation. La signature de la décharge autorisant le musée à exploiter les productions des participants et, le cas échéant, leurs sons et leurs images, n’a pas non plus posé problème. Enfin, à première vue, pas vraiment de participations fantasques : l’accompagnement par les médiateurs sur place à permis d’éviter les ados qui lancent l’enregistrement, font quelques grimaces et partent en pouffant.

Et la suite ?

Avec et sans peinture au MAC/VAL

Le mur des participations écrites et dessinées

Le MAC/VAL définira prochainement des critères pour la sélection d’un certain nombre de participations, qui seront valorisées dans le cadre du prochain accrochage temporaire. J’ai proposé au musée que les productions des visiteurs soient mises en valeur à la fois en ligne (ce qui ne devrait pas être un problème sur le site du musée) et dans l’espace physique de l’exposition, dans la limite des possibilités techniques. Le MAC/VAL profitera sans doute de son comité de visiteurs pour sélectionner les participations les plus pertinentes et travailler à leur valorisation, peut-être sous la forme d’un journal de l’exposition, en parallèle au discours institutionnel du musée. Enfin, un verbatim des participants pourrait aussi être envisagé, quelque soit le support de leur proposition.

Je profite de l’occasion pour remercier Stéphanie et Alice pour leur invitation, Marion, Gilles, Arnaud pour leur collaboration, ainsi qu’Irène, Adrien et Abdel pour la qualité de leur accueil au musée.

Les ados, Twitter et la politique des #publics

En fait, plus que tout autre réseau social, la pratique de Twitter au musée m’amène à réfléchir sur la politique des publics.

Ces ados qui tweetent sur leur smartphone pour dire leur exaspération de venir en visite au quai Branly – dont certains la jouent carrément provoc’ – posent la question : comment faire venir au musée des gamins pour lesquels visiter une exposition n’est pas la définition de passer un bon moment entre amis ? Comment les amener à la découverte des trésors de nos collections alors même que pour eux, visite d’exposition = après-midi chiante à écouter un guide leur parler de trucs inconnus qui ne les intéressent pas, dans un endroit qui ne leur appartient pas ?

Voilà. Pas de réponse, juste des questions, mais je trouve ça ironique que les réseaux sociaux et les “nouvelles” technologies ramènent les musées à une question de médiation qui se posent depuis – au minimum – 20 ans.

Quand la muséographie des sciences et des arts emprunte à l’installation ou à d’autres formes de travail plasticien, quand la singularité du regard ou le paradoxe de l’attitude devient le critère de choix du “conservateur invité” chargé de réaménager le musée, quand le catalogue tourne, entre traité de philosophie et livre d’artiste, à l’oeuvre originale, sans guère de lien avec la tradition descriptive, l’identité du musée lui-même devient floue.

Musée et muséologie, Dominique Poulot, éd. La Découverte, 2009.

Vue des salles de la Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague

Actualités : mes conférences et publications à venir

Actualité muséogeek chargée à la rentrée ! Voici un petit aperçu de conférences et événements auxquels je participe ou j’assiste, ainsi qu’une publication à venir.

Septembre

Le jeudi 13 septembre, j’interviendrai lors d’un débat public organisé par l’association Bête à bon dieu production sur le thème Culture et Communication : les outils de communication à travers les nouvelles technologies à l’Atelier numérique, de Versailles.

Le vendredi 21 septembre, j’interviendrai lors d’un atelier professionnel dans le cadre des Journées du management culturel à l’initiative de l’association des étudiants du Master Management des organisations culturelles de l’Université Paris-Dauphine. Gonzague Gauthier, du Centre Pompidou, sera de la partie et merci à Clélia Dehon de nous avoir suggérés aux organisateurs.

Octobre

La semaine du 8 octobre, je serai à Montréal pour assister au colloque de l’AVICOM, la branche audiovisuelle et numérique de l’ICOM, l’International Council of Museums. Le thème de cette édition est Le développement des nouvelles technologies et la naissance de nouveaux métiers de la muséologie. Quelques français parmi les intervenants : Agnès Alfandari et Catherine Guillou du musée du Louvre, Christophe Courtin, camarade muséomixeur du Château des ducs de Bretagne à Nantes ainsi que Gonzague Gauthier (voir son appel à participation concernant son intervention). Ce colloque sera pour moi l’occasion de rencontrer certains de mes homologues de Montréal et d’ailleurs dans le monde, d’échanger sur nos pratiques respectives.

J’interviendrai ensuite, le jeudi 18 octobre, dans le cadre du stage professionnel “Médiation numérique documentaire” à l’ENSSIB, à Lyon. Je présenterai quelques exemples d’outils numériques de médiation dans les musées, autour des dispositifs participatifs, notamment.

À noter également en octobre : la deuxième édition de Museomix aura lieu les 19, 20 et 21 octobre au musée Gallo-Romain de Fourvière, à Lyon aussi, ainsi que les Rencontres culture numérique qui se tiendront au 104, à Paris les 30 et 31 octobre. Thème cette année : Médiation & numérique dans les équipements culturels. J’aurai sans doute l’occasion d’y revenir.

Novembre

J’aurai l’occasion d’en reparler prochainement : j’ai été invité à participer au premier MOOC francophone, un format de cours particulier en ligne (MOOC signifie Massive Open Online Course). Intitulé ITyPA, pour « Internet, tout y est pour apprendre ! », ce cours sera consacré à la création et à la structuration de son environnement d’apprentissage personnel. Je proposerai une intervention le jeudi 22 novembre à 18h, autour de la création de communautés en ligne basée sur mon expérience des musées. Pour plus d’informations sur le format MOOC, Thot Cursus propose un article très bien fait sur le sujet.

Décembre

Le 11 décembre, j’interviendrai en ouverture du colloque Constructions mémorielles participatives – Collections et mises en réseau en lien avec les deux Guerres mondiales, à l’invitation de Serge Chaumier, professeur à l’Université d’Artois. Ma communication portera sur les logiques participatives dans la médiation. Ces deux journées d’étude auront lieu au In Flanders Fields Museum, à Ypres en Belgique.

Enfin, pour le mois de décembre, je prépare également un article à paraître dans le bulletin de l’AMCSTI, la publication de l’association des musées et centres pour le développement de culture scientifique technique et industrielle. Ce numéro aura pour thème l’innovation, et mon article traitera des dispositifs participatifs dans les musées de société.

Je ne manquerai pas de reparler de tout cela ici, ainsi que sur Twitter .

Mise à jour du 29/09/12 : ajout de la conférence ENSSIB en octobre et du MOOC en novembre.

Interdiction de la photographie au Musée d'Orsay © OrsayCommons 2011

Interdiction de la photographie dans les musées : c’est la gêne

Lu ce matin sur Exponaute : Jean-Jacques Ezrati tient un discours plus que discutable sur la photo au musée. Cet éclairagiste-conseil, qui a collaboré avec la Direction des musées de France et le C2RMF sur des questions de conservation et de prévention, tient des propos douteux pour légitimer l’interdiction de la photographie avec flash dans les institutions culturelles, en s’appuyant principalement sur la gêne occasionnée pour les autres visiteurs. Dans les grandes lignes, le propos de l’article est d’apporter la preuve qu’il n’y a aucune légitimité scientifique à interdire la photographie avec flash aux visiteurs amateurs, sans danger pour les œuvres selon Ezrati. Jusqu’ici, tout va bien.

Mais j’attire votre attention sur le dernier paragraphe, qui tend à suggérer la création de « castes » dans les visiteurs : d’un côté, les étudiants et chercheurs qui auraient droit de photographier et de l’autre, les amateurs qui devraient se contenter de « reproductions des œuvres présentes dans les collections publiques [accessibles] gratuitement ou pour quelques centimes d’euros ». Oubliant au passage la fonction d’appropriation de l’oeuvre que joue la photographie (thèse soutenue par Bernard Stiegler, entre autres) et les pratiques contemporaines de la photographie, du partage et des réseaux sociaux.

Cet article est à mettre en perspective avec la photographie de Shakira à Orsay, postée par la chanteuse sur sa page Facebook il y a quelques jours, likée 250 000 fois et partagée 8000 fois. Devant une telle popularité, le musée a bien été obligé de remercier Shakira pour la publicité, rappelant au passage l’interdiction de la photographie en ses murs… Schizophrénie ou opportunisme ?

"So you want to become an apprentice?" Museum of London, février 2011

Kit de démarrage du #muséogeek

Je reçois souvent des demandes d’étudiants en histoire de l’art, en muséologie, en communication, parfois même en marketing pour relire leur note d’intention ou leur mémoire – encore plus depuis que j’ai commencé à travailler pour le musée du quai Branly. Et tout comme des professionnels, des étudiants, des mentors m’ont aidé il n’y a pas si longtemps, je fais de mon mieux pour les aider.

Aussi, j’ai pensé que le plus simple serait encore de rassembler quelques ressources qui me semblent fondamentales pour aborder le numérique au musée. C’est donc une approche très généraliste, non spécialisée que je propose ici. N’hésitez pas à en proposer d’autres en complément dans les commentaires.

"So you want to become an apprentice?" Museum of London, février 2011

« So you want to become an apprentice? » Museum of London, février 2011

Quelques lectures pour bien démarrer

Les lieux pour échanger au quotidien

Les blogs à suivre en France

Les blogs et personnes à suivre à l’étranger

Personnes à suivre sur Twitter

Conférences et événements réguliers

  • MuseumNext, cette année à Barcelone, du 23 au 25 mai 2012 (c’est-à-dire depuis hier et jusqu’à demain).
  • Museum and the web, cette année à San Diego, du 11 au 14 mars 2012.

Conférences et événements passés