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Statens Museum for Kunst, Copehnhague

Accueil et médiation au Statens Museum for Kunst de Copenhague

Je voyage actuellement en Scandinavie, cette semaine à Copenhague (Danemark) et la semaine prochaine à Stockholm (Suède) pour rencontrer certain.e.s de mes confrères et consœurs d’autres établissements européens. Voici un premier article sur l’accueil et quelques-uns des dispositifs de médiation in situ au Statens Museum for Kunst, le Musée national des Beaux-Arts du Danemark, à Copenhague.

L’accueil des publics

Le SMK ne ménage pas ses efforts pour proposer une grande qualité d’accueil à ses publics :

  • dans le hall d’entrée, de confortables fauteuils sont placés avec des catalogues à disposition (non scellés, ils sont juste estampillés « propriété du SMK »),
  • le wifi est gratuit et en accès direct, sans portail de connexion (ce qui n’est peut-être pas l’idéal d’un point de vue légal, mais je ne connais pas la législation danoise sur le sujet).
  • tous les espaces sont accessibles en fauteuil ou avec des poussettes.
  • de nombreuses assises sont placées partout dans le parcours, qui permettent au passage d’apprécier le design scandinave.
Hall d'accueil du Statens Museum for Kunst, Copehnhague

Hall d’accueil du Statens Museum for Kunst, Copehnhague

Les dispositifs de médiation

La salle de dessin

Dans le parcours « Arts danois et nordiques 1750-1900 », une salle est consacrée au dessin. On y trouve tout le matériel nécessaire : feuilles et crayons, planche de bois pour placer ses feuilles, de confortables assises et même des tailles-crayons fixes. Plusieurs statues sont exposées, originaux ou copies de sculpteurs danois et européens. Une fois terminé, il est possible de laisser son dessin dans un casier et, de temps à autres, les agents du musée en sélectionnent quelques-uns qui sont exposés dans la salle elle-même.

Les jeux de plateau avec des tableaux du XVII°s

Au centre d’une large pièce occupée par des grands formats du XVII°s, des assises ont été installées sur le modèle du mobilier de pique-nique dans les jardins publics. Sur ces tables sont proposés des jeux de plateau : la reproduction d’un des tableaux présents dans la salle, un boulier pour compter les points et un jeu de cartons illustrant des objets de la vie quotidienne. Tour à tour, les joueur.se.s tirent un carton et doivent imaginer une histoire qui met en relation l’objet illustré et le tableau représenté. Les points sont attribués par vote des autres joueur.se.s. Bonus : le musée a adopté une orthographe non sexiste dans les instructions du jeux \o/ !

Jeux de plateau avec des tableaux du XVII°s, Statens Museum for Kunst

Jeux de plateau avec des tableaux du XVII°s, Statens Museum for Kunst

Les tables interactives

Deux tables interactives sont disposées dans les parcours « Arts danois et nordiques 1750-1900 » et « Art européen 1300-1800 ». Elles permettent d’en apprendre davantage sur une sélection d’œuvres. Après avoir choisi la pièce qui l’intéresse, l’utilisateur/trice peut visionner des interviews de conservateurs/trices, d’historien.ne.s de l’art et d’autres chercheur.se.s, mais aussi d’artistes contemporain.e.s qui commentent l’œuvre. Les films sont en danois et sous-titrés en anglais.

Table interactive, Statens Museum for Kunst

Table interactive, Statens Museum for Kunst

« Les voyages forment la jeunesse »

Dans une salle du parcours « Art européen 1300-1800 », une sorte d’alcôve a été ménagée. Elle contient un portrait représentant un jeune noble du XVIII°s : l’occasion d’aborder le traditionnel Grand Tour, qui menait les jeunes intellectuels et artistes de l’époque en Italie, sur les traces des penseurs de l’Antiquité et de la Renaissance. En vis-à-vis, des casques permettent d’écouter des Danois.e.s dans la vingtaine expliquer leur rapport aux voyages aujourd’hui. Les expériences sont variées, de celle qui a fait le tour du monde à celui qui n’a pas quitté Copenhague et s’interroge sur la mondialisation. Les pistes sonores sont en danois, des fiches de salle permettent d’en lire la traduction en anglais.

« I went to SMK and… »

Pour finir, dans le hall, proche de la sortie, un dispositif inspiré par le MoMA de New York, « I went to SMK and… » propose aux visiteur.se.s d’écrire sur une fiche leurs souvenirs de visite, puis de la glisser dans un urne. Simple mais efficace, ce dispositif bouscule quelque peu les codes habituels du livre d’or.

'I went to SMK and...', Statens Museum for Kunst, Copehnhague

‘I went to SMK and…’, Statens Museum for Kunst, Copehnhague

Le transmedia et le webdoc ont encore tendance à numériser l’analogique comme organisation des modes de narration traditionnelle et comme mise en forme du récit. Pourtant les têtes de lecture des VHS ou les lentilles des CD-Rom, qui contraignaient mécaniquement le séquençage, sont des déterminants d’un autre temps avec le web et son architecture de données. De même, la spatialité de l’objet livre tend à ne plus être une contrainte pour le texte. Dans cette perspective, numériser l’analogique, c’est finalement consacrer la linéarité par la multiplication des choix, sans pour autant penser les choix autrement qu’au prisme de l’embranchement – la juxtaposition de séquences narratives. C’est utiliser le numérique comme forme esthétique et de diffusion, mais en aucun cas comme moteur du récit.

“De la délinéarisation des anciens médias à la procéduralité vidéoludique. Le score du changement pour le transmedia, le webdoc et la gamification” sur Game in Society – http://bit.ly/rJlk4X