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Album Facebook Photoquai vu par les visiteurs

Construire une culture numérique et participative dans une institution patrimoniale

Jeudi 16 octobre 2014, la Ville de Bordeaux m’a invité à intervenir lors de la journée « Culture et numérique », dans le cadre de la Semaine digitale. Voici la trame de mon intervention, qui m’offre l’occasion de livrer quelques pistes de réflexion autour du musée participatif, en m’efforçant de montrer comment construire une culture numérique et participative au sein du musée. Il manque quelques éléments qui rebondissaient sur les interventions précédentes, notamment en réponse à mon confrère Samuel Bausson autour des cultures du web et de leur adoption par les musées. Pour plus d’informations, consultez le livetweet avec les deux hashtags #SDBX4 et #culturnumbx14.

Qu’est-ce la participation ? À quel moment commence la participation du visiteur ? Que veut dire « prendre part à » ? Si on s’en tient à la définition la plus stricte, le musée produit un dispositif de visite, qu’il soit temporaire ou permanent, dans lequel le visiteur prend pleinement part en jouant son rôle de visiteur. Il vient visiter, c’est-à-dire voir et être en présence de ce qui lui est proposé par les conservateurs du musée ou les commissaires de l’exposition.

Mais comme on dit : ça, c’était avant. Avant que l’ensemble des outils en ligne apparus au début des années 2000 ne lui permettent de produire, à son tour, un discours sur ce qu’il lui est proposé de visiter. Alors bien sûr, la participation n’a pas commencé en 2007 quand Facebook s’est ouvert à tous ou en 2008, quand Apple a sorti l’iPhone et son système d’applications reposant sur l’iTunes Store. Néanmoins, ces outils ont amorcés une changement de fond dans la relation qui unit le musée et ses publics. Comme nous le savons à présent, la présence des institutions culturelles et patrimoniales sur les réseaux sociaux constitue une première étape dans la mise en place d’une dispositif participatif en ligne, à travers le recueil de la parole des visiteurs et le crédit qui y est accordé. Et forcément, tout cela change aussi la manière dont le musée est organisé, les interactions qui naissent entre les agents de services et de directions différentes, voire d’autres institutions, ainsi que les modes de prise de décision.

Pour amener les visiteurs à participer…

Au musée du quai Branly, lorsque les visiteurs nous posent des questions sur Twitter, que ce soit à l’occasion de l’opération #AskACurator il y a quelques semaines ou lors de la #MuseumWeek au printemps dernier, nous sommes déjà dans une dimension participative. Comme je l’ai déjà évoqué, nous considérons les RSN comme étant à la croisée des trois disciplines que sont la communication, l’information et la médiation. Voici quelques exemples qui n’illustrent pas directement ces trois axes, mais mettent en avant la participation.

À l’automne 2013, à l’occasion de Photoquai, la biennale de photographie internationale que nous organisons en face du musée, nous avons mis en place un album collaboratif sur la page Facebook de l’événement, permettant aux visiteurs de partager leur regard sur la biennale. Ils et elles ont ainsi participé à la médiation entourant la biennale en apportant leur propre regard sur l’exposition, nécessairement non institutionnel, attirant notre attention sur les œuvres favorites, des éléments insolites ou poétiques de l’exposition.

Au printemps 2012, lors des Vacances numériques, nous avons recueilli la parole des visiteurs à propos de Berenson, un robot anthropomorphe, sujet d’un projet de recherche en anthropologie, qui s’interroge sur la notion de goût esthétique. Les publics étaient invités à partager avec le robot leurs avis sur des pièces exposées. L’année suivante, nous avons organisé un edit-a-thon en partenariat avec Wikipédia : conservateurs, wikipédiens chevronnés et visiteurs de passage se sont penchés sur plusieurs pages relatives aux thématiques traitées par le musée, pour les améliorer ensemble.

Comme on le voit dans ces exemples, la participation n’est pas uniquement numérique : aujourd’hui, elle est souvent à mi-chemin entre en ligne et hors ligne, et passe joyeusement d’un support à l’autre. Par exemple, les actions de médiation portées par la Direction des publics trouvent un prolongement avec la mise en ligne, sur le site ou sur la page Facebook du musée des photos, des dessins ou encore des poèmes produits par nos visiteurs pendant les ateliers en famille – le tout, avec leur accord. En outre, on constate également que numérique et participatif sont intimement liés, même s’ils ne sont pas indissociables. Or, une culture numérique ne peut pas se développer sans d’autres couches de pratiques et d’engagements, notamment de la part de ceux qui « font » le musée. Alors, permettez-moi de revenir quelque peu en arrière.

Il faut commencer par l’interne…

Lorsque je suis arrivé au musée il a 2 ans et demi, il n’y avait pas de stratégie numérique globale. La dimension numérique était abordée à plusieurs niveaux, dans plusieurs services eux-mêmes répartis dans plusieurs directions. Mon embauche a été l’occasion pour l’institution d’amorcer une réflexion sur le numérique, et sur le positionnement que le musée devait apporter sur les questions qu’il suppose.

Progressivement et en parallèle à l’ensemble des dispositifs que je viens de lister, je me suis efforcé d’apporter une culture numérique dans l’établissement. D’abord en me rendant aussi disponible que possible pour répondre aux questions que les agents se posent sur le numérique, quelque soit leur niveau dans la hiérarchie. Puis par la mise en place d’une veille mensuelle, un cours bulletin contenant une sélection d’initiatives récentes, que j’envoie à l’ensemble des agents. Enfin, en diffusant autant que possible les informations relatives à l’actualité des rencontres autour du numérique. Créer une culture numérique et participative nécessite de commencer par les collègues les plus proches, pour les sensibiliser à ces enjeux, avant de pouvoir s’étendre aux visiteurs.

Je ne crois pas avoir révolutionné les pratiques à l’interne, mais je m’efforce d’apporter de la cohérence dans l’offre du musée, notamment en facilitant les échanges entre mes collègues. Nous savons tous combien il est parfois difficile d’aller au-delà du cloisonnement entre directions, hors ce cloisonnement va à l’encontre des pratiques numériques, par définition éclatées, décentralisées et moins hiérarchisées. Aujourd’hui, le numérique est abordé dans au moins cinq des sept directions que compte le musée, la question dépasse donc bien sûr mon seul service. Nombreux sont mes collègues à intervenir sur des projets variés que sont le site internet, les réseaux sociaux, les applications mobiles, la signalétique dynamique, les productions audiovisuelles et multimédia.

Justement, parmi les agents plus impliqués en ligne aujourd’hui, nombreux sont ceux qui travaillaient déjà au musée à mon arrivée – certains depuis plusieurs années – et dont la créativité ne demandait qu’à être libérée à travers des outils ou des occasions dédiées (voir notamment les photos et Vine de @jbrkmr). C’est cette dynamique que je m’applique à stimuler, et que nous nous efforçons d’entretenir à travers le comité éditorial, que je coordonne et qui préside aux contenus mis en ligne sur le site internet et les réseaux sociaux.

En s’appuyant sur sa communauté !

Ce qui a changé aussi ces dernières années, c’est que nos missions passent immanquablement par des communautés de professionnels, utilisateurs quotidiens des réseaux sociaux, et qui construisent ensemble de nouvelles expériences de communication et de médiation au musée.

Parmi les nombreuses initiatives nées de la communauté des #museogeeks, figure Muzeonum, la plateforme des professionnels du numérique au musée que je participe à animer. Son objectif est de faciliter le partage de bonnes pratiques, l’accès à la formation et à l’emploi. Ses membres sont des agents d’institutions patrimoniales et culturelles, des professionnels extérieurs (consultants en agence ou indépendants), des chercheurs, des étudiants ou des passionnés. Nous avons développé de nombreux outils parmi lesquels un wiki et un groupe Facebook, qui viennent compléter les outils de veille tels que Twitter. Nous sommes actuellement en train de créer une association, dont le statut administratif nous permettra de développer de nouveaux projets. Compte-tenu de mon implication auprès de Muzeonum, j’incite bien sûr régulièrement mes collègues à participer aux événements de la communautés.

Vers une stratégie numérique globale qui associe les publics

Aujourd’hui au musée du quai Branly, le projet qui nous occupe est la refonte du site web, dont le dévoilement au public est prévu pour le printemps 2015. C’est un projet ambitieux, qui nous amènera à revoir intégralement l’architecture du site actuel, et bien sûr l’interface. La prochaine version sera en responsive web design, un ensemble de règles et de langages qui repose sur les standards du web et qui permet la consultation d’un contenu identique sur tous les supports, qu’ils soient mobiles ou non. Ce site fera la part belle aux bases de données des collections, tout en n’oubliant pas les informations pratiques. Nous espérons que cette nouvelle mise en forme permettra une plus grande appropriation des collections par les visiteurs, favorisant leur participation et leur collaboration dans la construction du propos qui entoure le musée.

Bien sûr, le participatif n’est pas une fin en soit. L’injonction à participer ne doit pas devenir le nouveau ticket d’entrée au musée, favorisant les plus créatifs et les moins timides au détriment des visiteurs pour lesquels la visite physique suffit à définir leur relation au musée. Mais les outils qui permettent aux visiteurs de s’exprimer participent à reconfigurer les liens qui unissent les institutions et leurs publics, à travers une place plus grande accordée à leur parole. Une meilleure prise en compte des retours dont les visiteurs nous font part permet de les associer dans leur diversité, en tenant compte de leurs pratiques culturelles et numériques. Comme mes confrères et mes consœurs d’autres établissements vous en parleront cet après-midi, nous voyons l’usage de Twitter grandir chez les jeunes, tandis que Facebook reste une référence pour les familles, et que de nombreux autres plateformes naissent et se développent, générant de nouveaux usages.

Si le community management est un métier naissant, qui se construit au quotidien, il repose sur les missions premières du musée : la conservation, la valorisation et la diffusion au plus grand nombre des collections nationales. Or, le numérique et les cultures qui en découlent ne s’opposent en rien à ces missions, mais constitue un formidable outil pour les remplir. Si nous souhaitons innover durablement, nous ne nous pouvons plus nous dispenser d’une politique numérique structurée, qui passe notamment par une présence affirmée sur les réseaux sociaux, devenus de véritables vecteurs de notre mission de service public.

Logo_MuseumWeek_Date

La #MuseumWeek au musée du quai Branly

À l’occasion de #SiliconValois, une rencontre est organisée mardi 27 mai 2014 pour revenir sur la #MuseumWeek, dont on a beaucoup parlé, notamment , ici ou encore . Voici un bref résumé des actions portées par le musée du quai Branly sur Twitter lors cette semaine, qui sera suivi d’un deuxième article prenant pour point de départ la journée du lundi, prétexte à un rapide bilan des enseignements de l’expérience.

Lundi 24 mars, #coulissesMW

La première journée, consacrée aux coulisses, a été l’occasion de montrer à nos communautés en ligne l’envers du décor, selon quatre séquences principales :

  • Début de la matinée : sur le plateau, installation d’un pagne sur une statue en zone Afrique.
  • Fin de la matinée : les scans 3D et les équipements d’analyse des pièces.
  • Début de l’après-midi : retour sur le plateau pour un mouvement des œuvres en vitrines Amériques à l’occasion de l’exposition « Indiens des Plaines ».
  • Après-midi : visite des réserves.

Mardi 24 mars, #quizzMW

La deuxième journée a été consacrée à des questions posées par le musée à ses visiteurs.

  • Le matin : des questions sur l’histoire du musée, les artistes et auteurs associés à sa conception, l’architecture.
  • L’après-midi : des questions autour des collections, notamment africaines et océaniennes, sur propositions de conservatrices Océanie et Afrique, ainsi qu’en « ping-pong » avec certains de nos confrères dont les collections sont parfois proches.

Mercredi 26 mars, #loveMW

La troisième journée a donné lieu à de multiples interprétations selon les musées participants. Le musée du quai Branly a choisi de valoriser ses pièces emblématiques, notamment en mettant en avant les deux saisons de la websérie « Histoires d’objets », dans laquelle conservateurs, chercheurs et personnalités du musée présentent une pièce des collections. Cette série a également a fait l’objet d’un relais sur Facebook. En revanche, l’Asie n’étant pas encore représentée dans cette websérie, quelques pièces ont été mises en avant par des photos, grâce à la complicité d’une des responsables des collections.

Jeudi 27 mars, #imagineMW

Le jeudi, l’imagination des visiteurs était à l’honneur. Le musée a proposé à ses visiteurs en ligne de compléter des débuts de contes, tous disponibles au salon de lecture Jacques Kerchache. Les visiteurs se sont prêtés au jeu et, parmi les contes, l’un a été particulièrement populaire et a donné lieu à un cadavre exquis original.

Vendredi 28 mars, #questionMW

Cette journée a été consacrée aux questions posées par les visiteurs. Trois rendez-vous avaient été prévus :

  • 11h : rendez-vous avec Sarah Frioux-Salgas, commissaire de l’exposition consacrée à Nancy Cunard ;
  • 15h : rendez-vous avec Julien Clément et Jessica de Largy-Healy, adjoints au directeur de la recherche au musée ;
  • 16h : rendez-vous avec Aurélien Gaborit, commissaire de l’exposition Bois Sacré.

Malheureusement, ces rendez-vous n’ont pas trouvé l’écho attendu. De nombreuses questions ont été posées par nos publics, mais peu en rapport avec ces thématiques. Un échange intéressant a eu lieu avec un abonné, fan inconditionnel du musée, féru d’art africain et océanien. Il a posé de nombreuses questions adressées à Philippe Peltier, responsable des collections Océanie, qui s’est prêté au jeu avec beaucoup de patience.

Samedi 29 mars, #archiMW

Le samedi, le musée a mis en avant son architecture, à travers une sélection de photographie du chantier, du jardin, des différents espaces. Quelques vidéos ont été faites à partir de Vine, en direct.

Dimanche 30 mars, #creaMW

La dernière journée de la semaine était consacrée à la créativité des visiteurs. Le musée a partagé les dessins, haikus et poèmes produits dans le cadre des actions de la Direction des Publics. Cette journée a été également l’occasion de rendre hommage à la créativité spontanée de nos publics. De nombreuses participations ont été proposées, notamment de la part des agents du musée.

Retombées dans la presse

L’événement a fait l’objet de plusieurs parutions presse dans lesquelles le musée a été cité, en voici quelques-unes :

Pour retrouver tous les tweets du musée lors de la #MuseumWeek

Pour alléger, je n’ai évidemment pas mis de liens vers la totalité des tweets postés par le musée du 24 au 31 mars 2014. Voici comment les trouver rapidement :

    1. Rendez-vous sur la recherche avancée de Twitter
    2. Dans le champ « Mots/Ces hashtags », saisissez le mot-dièse recherché, par ex., #coulissesMW
    3. Dans le champ « À partir de ces comptes », saisissez @quaibranly.
    4. Cliquez sur « Rechercher »

Et voilà, vous avez l’intégralité des tweets publiés par le musée contenant le mot-dièse #coulissesMW !

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Le Centre des Sciences de Montréal propose une communication originale et décalée dans le métro pour la promotion de son expo “Dinosaures, (re)découvertes”

Logo de Futur en Seine

Mon « Futur en Seine »

Bannière Futur en Seine

Comme je l’annonçais dans mon programme du weekend le 17 juin dernier, Futur en Seine s’est tenu à Paris du 17 au 26 juin dernier. Un mois après la manifestation, je vous propose de revenir sur les événements qui m’ont marqué, à travers un petit compte-rendu très personnel.

Futur en Seine, qu’est-ce que c’est ?

Organisé par Cap Digital (pôle de compétitivité des contenus et services numériques), Futur en Seine est une sorte de biennale du numérique, qui propose un cycle de conférences autour de six thématiques, des expositions dans des lieux de culture et d’innovation à Paris et en région parisienne, sans oublier quelques événements festifs et nocturnes. Les places étant chères, c’est grâce à la complicité d’un de mes camarades muséogeeks que j’ai pu assister à deux des conférences plénières, ainsi qu’à un atelier.

Le futur des communications

Le matin du jeudi 23 juin, j’ai assisté à la conférence « Le futur des communications« . Parmi les intervenants, Sugatra Mitra (ici et aussi ) a marqué les esprits. Professeur à la Newcastle University, Mitra a développé plusieurs projets visant à étudier les mécanismes d’apprentissage chez les enfants et les adolescents, en Inde, puis en Grande-Bretagne et dans le monde entier. Avec le projet Hole in the Wall, il a installé des bornes équipées d’un ordinateur connecté à internet, laissant les enfants les utiliser pendant 3 à 4 mois avant de revenir. Entre 1999 et 2004, il a installé son dispositif dans de nombreuses régions de l’Inde rurale pour arriver à la même conclusion : abandonnés à eux-mêmes devant la machine, les enfants ont spontanément appris l’anglais pour pouvoir naviguer sur internet et utiliser la machine. Avec d’autres projets, Mitra a mis en évidence les aptitudes spontanées des enfants pour comprendre des thématiques complexes, même lorsqu’elles étaient rédigées dans une langue qu’ils ne maîtrisaient pas, ou la possibilité d’améliorer accent et prononciation par l’intermédiaire d’outils numériques. L’ensemble de ses recherches tend à démontrer la capacité qu’ont les enfants d’apprendre seuls et d’inventer leur propre pédagogie à l’aide d’un ordinateur, des notions qui ne sont pas sans questionner la manière dont on conçoit l’enseignement et l’apprentissage aujourd’hui. Après avoir pensé que Google nous rendait stupides, serions-nous en train de comprendre qu’internet permet un autre mode d’apprentissage, pas encore totalement exploré et compris mais tout aussi riche ?

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Parmi les autres interventions remarquables, j’ai retenu celle de Vincent Ducrey, blogueur et conseiller nouveaux médias auprès du gouvernement français. Bien que clairement orientée business et marketing, sa présentation (de toute évidence conçue sur Keynote) ne manquait pas d’intérêt, rassemblant une somme dense de références prospectives autour des évolutions possibles de la communication et basées sur les outils existants (blogs, réseaux sociaux, forums, mobilité…). Mais il a livré une présentation (trop) riche dans un temps très court, ce qui a un peu nuit à la lisibilité de son message.

Concevoir un jeu vidéo en 3h top chrono !

L’après-midi, j’ai participé à l’atelier Social Gaming, conduit par Jason della Rocca, créateur de Perimeter Partners (voir aussi son blog, Reality Panic). Pendant cet atelier de trois heures, nous avons découvert le b-a-ba du jeu vidéo, et notamment le tryptique MDA ou Mechanics, Dynamics, Aesthetics. Pour plus de détails, je vous suggère de lire de compte-rendu très complet préparé par Béatrice David de Girlz in web. Cet atelier très rythmé, dynamiquement animé par Jason, a été une excellente expérience, me permettant d’assouvir une certaine curiosité pour les jeux vidéos, ainsi que quelques pistes de réflexion sur les ressorts de la gamification (j’aurai l’occasion d’y revenir).

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Le futur de la ville sous le signe de l’initiative citoyenne

Le lendemain, la conférence plénière sur « Le futur de la ville » a été l’occasion pour moi de découvrir Robin Chase, créatrice de buzzcar, un service de partage de voiture (et non pas de co-voiturage, mais je vous laisse voir la différence sur le site). À mon sens, c’est la seule intervenante qui ait vraiment rempli sa mission : nous parler du futur (ici, de la ville) en tant qu’entrepreneure et experte. Contrairement à plusieurs autres speakers, elle n’a pas passé la majorité de son intervention a parler de son parcours et de ses propres réalisations, mais a vraiment pris le temps d’expliquer les mécanismes qui amèneront, selon elle, le public à s’approprier la ville. Pour elle, le futur est dans les structures collaboratives, générées et administrées par les citoyens, sans intervention des gouvernements et des marques. Son exemple le plus saisissant : en 8 ans d’existence, le site couchsurfing.com a rassemblé des millions d’hébergements possibles (de la chambre de bonne à la villa luxueuse en passant par le modeste canapé dans le salon familial), là où l’empire Hilton n’a construit que 3400 hôtels en 60 ans.

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Une autre intervention de qualité était celle de Christophe Aguiton d’Orange Labs R&D, qui a présenté plusieurs dataviz, toujours fascinantes, selon trois différents types de classement : des cartes « républicaines » répondant à un système de vote ; des cartes « par tribus », basées sur des critères marketing et enfin des cartes par « friends/followers », mettant en évidence les relations entre les intervenants sur le modèle des réseaux sociaux. Cette présentation m’a aussi permis de découvrir la notion de « Little Brother« , cette forme de surveillance lègère où les parents traquent leurs enfants, les épouses leurs maris (ou inversement) et les patrons leurs employés.

Plusieurs événements ont attiré la curiosité des visiteurs, parmi lesquels la présentation des FabLab à l’IRI, l’exposition « hello demain » produite par Orange à La Villette ou encore le Village des innovations au centquatre, mais je ne les ai pas visité.

Verdict !

Comme dans toutes les conférences de ce type, la qualité des communications est inégale et les intervenants, plus ou moins rompus à l’exercice de parler en public. D’un point de vue technique, j’ai trouvé pour le moins étrange d’obliger les francophones peu à l’aise avec l’anglais à présenter leur intervention dans la langue de Shakespeare, alors même que des casques étaient disponibles, proposant un service de traduction simultanée. Loin de moi l’idée de remettre en question l’aptitude de chacun à parler anglais, mais l’exercice s’est révélé parfaitement contre-productif, et certaines conférences auraient sans doute été passionnantes si elles n’avaient pas été massacrées par un anglais hésitant et maladroit. Pourquoi ne pas laisser les intervenants parler la langue qu’ils maîtrisent le mieux, le français ou l’anglais, et laisser aux interprètes le soin d’assurer une traduction cohérente et de qualité ?

Autre remarque que m’a inspiré cette édition de Futur en Seine, c’est le manque d’efficacité du site internet et la difficulté de lecture des événements. Devant la richesse de l’offre, il était difficile de discerner le programme officiel et les événements « off », les conférences et les ateliers, les visites et les « performances ». Peut-être un programme moins dense mais plus ramassé, un nombre de thématiques plus limitées mais approfondies seraient des pistes à creuser ?

En revanche, le choix de lieux variés, prestigieux et représentatifs de la richesse de la créativité et de l’innovation à Paris m’a semblé tout à fait à propos. En outre, la qualité de certaines interventions, la bonne humeur générale, la diversité des participants dans le public, les multiples occasions de réseautage professionnel sont de bonnes raisons de se réjouir. L’avenir nous dira comment évoluera ce très jeune événement, puisque la 3ème édition se tiendra dès l’année prochaine, le festival passant d’un rythme biennale à une programmation annuelle.

Futur en Seine, du 17 au 26 juin 2011. J’ai assisté aux conférences et ateliers les jeudi 23 et vendredi 24 juin.